Mercredi 30 septembre 2009
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Dimanche 27 septembre, six heures du matin, le réveil sonne, le ciel, encore gris annonce du bleu. On y va. Sur le Cours, à 7heures, nous nous retrouvons une quinzaine, d'abord les membres de
l'association Caractères : Dany, Odile, Irène, Guy, Francis et moi, puis les gens du village, venus donner un coup de main pour toute la journée ou juste pour ouvrir et installer les 50 tables et
100 chaises : Jo, Alain, Danielle, Nadine, Paule, Vincent, Paola, Prosper, Sylvain, Maggie, Derek, Gisèle, André, Isabelle…
Vers 9 heures arrivent les premiers éditeurs, encore engourdis du voyage, parfois long, qu'ils viennent de faire. Ils tirent de leur coffre, comme des rois mages au goût du jour, des boites
anodines d'où sortiront de fabuleux univers, chemins d'encre et d'aventures, palpables parcours de papiers qui dérouleront sous les yeux choisis leurs signes d'élection, épreuves, énigmes,
mystères et surprises, bien serrés en spirales, nuages, tornades, océans et far West.
10 heures, tout est prêt : les éditeurs se donnent de leurs nouvelles ou font connaissance en attendant le café qui ne vient pas (la machine est mal branchée !) et le nonchalant chaland, le
lecteur flâneur, celui, venu aujourd'hui spécialement, à la rencontre d'un livre.
C'est cela l'esprit du Salon : on le voudrait tout entier dédié à une page qui s'entr'ouvre et qui dit : Prend et lis ; cette histoire-là, ce poème, ce message, ces mots-ci sont pour toi,
aujourd'hui.
Vers le coup de midi : fanfares et discours, boissons apéritives. Déjeuner. Il faut manger pour lire.
Après-midi. Entre deux conversations, forcément décousues, j'ai pu voir des vaches comme je les aime, revisiter l'enfance, me souvenir de mon amour du russe avec Tsvetaeva, choisir des cartes
sages et révoltées, avoir un coup de folie pour des traductions de Bob Dylan… j'ai pu musarder au long des bancs, admirant ici une couverture, un dessin, une photographie, souriant là, émue un
peu plus loin… voyages, voyages que sont les livres, ne serait-ce que le temps d'une page levée, comme un coin de paysage vu du TGV. On voudrait tout saisir et seul reste dans nos filets de
pauvres pécheurs ce que nos bourses nous laisse prendre.
Soir. Les rois mages repartent, contents certes, mais les coffres encore trop pleins. Le temps n'est plus au livre, dit-on. Les bourses ont resserré leurs cordons. Les livres, un luxe superflu ?
Ou, plus que jamais, nécessaires ? Partout, les livres se montrent, s'exposent, trouvent d'autres biais que la sempiternelle étagère où se bousculent les bêtes sellers ; les salons se
multiplient… Il y a en France 3 000 maisons d'édition…
Il faut donc continuer. Tant que le temps sera à la rencontre, il le sera aussi aux livres…
Merci à tous ceux qui, dimanche 27 septembre, se sont retrouvés un moment autour d'eux.
Catherine Brousse